Retro 2015 : Real Salt Lake, 9e à l’ouest

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Nous en sommes désormais au cinquième épisode de notre série Retro 2015. Pour ce numéro, nous allons décortiquer la saison 2015 du Real Salt Lake qui, rappelons-le, a fini à l’avant-dernière place de la conférence ouest l’an passé. On aurait forcément envie de parler de saison ratée pour la franchise de l’Utah, mais cela serait réducteur étant donné que l’objectif du champion 2009 était de reconstruire son équipe sur cette fameuse saison de reconstruction propre aux sports américains.

Lorsqu’on évoque la saison 2015 du RSL, il faut tout d’abord voir ce qui s’est passé en 2014 pour les hommes de Jeff Cassar. En terminant 3e à l’ouest et 4e au général, 2014 fut une saison magnifique pour les pensionnaires du Rio Tinto Stadium, malgré une élimination brutale en demi-finales de playoffs face au futur champion, le Galaxy, mené par un Donovan en feu ce soir-là. Pour cet effectif déjà vieillissant, en grande difficulté lors de la fin de saison régulière lorsque les jambes étaient lourdes, il était clair que cette double-confrontation représentait une conclusion fatale à une ère de succès du Real.
Par conséquent, les dirigeants de la franchise de l’Utah l’ont bien compris, et ceux-ci ont alors tout mis en oeuvre pour avoir l’opportunité de reconstruire son effectif à partir de la saison 2015, avec des bases tout de même solides pour espérer accrocher une place en playoffs en prime. Mais manque de bol pour le RSL, le début de la phase de reconstruction coïncidait avec la mise en place d’un nouveau CBA, avec ses nouveaux règlements et une masse salariale qui augmentait certes modestement, mais de façon suffisante pour faire franchir un nouveau cap à la ligue, qui allait devenir un championnat presque majeur du football (oups… soccer) mondial quelques mois plus tard.
Sans cette nette amélioration de la MLS, nul doute que le Real Salt Lake aurait pu prétendre accrocher une place en playoffs tout en se reconstruisant tranquillement. Peut-être faudrait-il alors jeter la faute sur les dirigeants et le staff plutôt que sur les joueurs ? Un roster quasi-inchangé, le retour de vétérans tels que Jamison Olave, une équipe qui refuse de se renouveler et qui ne tente rien, sans oublier un manque de motivation clair chez les joueurs… Oui, peut-être qu’on ne peut pas blâmer ces joueurs moyens ou vieillissants, qui n’ont pu jouer au-delà de leur niveau « MLS 1.0 ».

En revanche, ces derniers pourront être descendus en flamme pour la qualité de leur jeu. C’est simple, le Real Salt Lake était absolument soporifique lors de la saison 2015, et la majorité de ses rencontres furent un vrai calvaire à regarder : peu de jeu vers l’avant, une défense très maladroite et agressive, un tempo lent, une exploitation abusive des coups de pied arrêtés… Le RSL représentait typiquement l’équipe pénible et plutôt détestée que chaque championnat sportif peut connaître. Un style de jeu qui a également forcé la franchise de l’Utah à connaître des difficultés dans un groupe pourtant facile de Champions League CONCACAF. Accompagnés de Santa Tecla (El Salvador) et Municipal (Guatemala), le Real est certes sorti invaincu de son groupe, mais n’aura connu aucune victoire convaincante, d’autant que celui-ci n’a quasiment jamais aligné son équipe B, comme les autres équipes de MLS le font lors de cette compétition. D’ailleurs, on pourrait citer l’Open Cup comme satisfaction pour le Real Salt Lake, arrivant jusqu’en demi-finales… Mais en dominant les Sounders-2, et des Timbers et Galaxy remaniés. Et pour preuve du manque de qualité dans le jeu de cette équipe, c’est à nouveau Javier Morales, 36 ans, qui a terminé meilleur buteur de son équipe avec 8 buts en MLS, principalement issus de phases arrêtées ou de frappes de loin. Et en tout, avec 38 buts inscrits en championnat, le Real Salt Lake termine avant-dernier au classement des attaques. Enfin, lorsque les hommes de Jeff Cassar se sont décidés à attaquer à tout va, ils ont encaissé beaucoup de buts, preuve d’un déséquilibre supplémentaire entre l’attaque et la défense. La défaite 6-4 sur la pelouse de DC United est un parfait exemple de ce constat.

Bref… Voici la saison 2015 du Real Salt Lake, qui aura rimé avec reconstruction et vieillissement interminable de son effectif… Le tout sans aucune intention de vouloir s’améliorer, mis à part dans le recrutement de Juan Manuel Martinez, qui a apporté de la qualité à l’attaque de la franchise l’Utah. Au vu de ce qui s’est passé jusqu’ici durant la trêve, Jeff Cassar et son staff n’ont aucunement envie de vouloir changer les choses en 2016, et on peut s’attendre à une nouvelle saison pauvre du côté du Rio Tinto Stadium.

 

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